Jake Shaft


31 mai 2005

The Power Out
Il fait bon avoir un travail dénué d'un quelconque intérêt. Comme ça on a un vrai recul par rapport à chacune des situations du quotidien. Depuis ce matin j'ai un joli micro devant la bouche, accroché à l'oreille et relié au téléphone... tout un programme. Mon bureau a des airs de Bercy les soirs de concerts de Lorie, (et dieu sait que je suis content de ne pas savoir de quoi je parle) et me voilà fredonnant toutes les chansons de ma tendre adolescence : la positive attitude, moi j'ai besoin d'amour, je serai ta meilleure amie, moi j'préfère rester toute seule, à 20 ans, je t'aime maman, ça y est c'est le week-end (yeah yeah yeah)... je sais... c'est dur. Mais il n'y pas de raisons que je subisse cet affront en silence.

Aujourd'hui c'est la journée anti-tabac. Rien que pour ça je pense que je vais fumer 2 fois plus. Réaction de p'tit con... et alors? Je fais ce que je veux. Si je veux fumer je fume. C'est encore légal, l'état s'en met plein les poches grâce aux fumeurs (d'où l'intérêt d'acheter ses stocks de clopes à l'étranger) il ne manquerait plus qu'ils nous empêchent de fumer. Oui ça dérange les autres, et bien tant que ce sera légal qu'ils prennent des mesures afin de nous permettre de cloper tranquille. Je me prends un coup de chaud, mais je commence à en avoir ras la casquette (j'aime bien, c'est mon grand père qui disait ça et j'ai besoin de petites madeleines dans mes coups de chaud), bref je commence à en avoir ras la casquette d'être considéré comme un paria à chaque fois que je sors une clope dans un lieu public où JE SUIS EN DROIT DE FUMER. J'arrête là, c'est mauvais pour ma tension de petit vieux.

Je n'ai pas les moyens techniques suffisants pour faire fonctionner ma radioblog, mais dans une petite semaine, ça devrait être au poil.

30 mai 2005

Camille's mum has got it goin' on ... (air connu)
Il a souvent de bonnes raisons pour que Camille décide d'aller voir ses parents à Roscoff. Ce week-end c'était la fête des mères jumelée à l'anniversaire de la sienne. Croquette resterait seule à la maison, visitée par Gabrielle samedi et dimanche. Gabrielle est une amie d'enfance de Camille, qu'il retrouva par hasard sur Paris lorsqu'il emmenagea il y a quelques années. Depuis ils sont restés en contact, ce qui permet à Camille de parader de temps à autre à son bras - qu'elle a de fort joli d'ailleurs - mais aussi, de pouvoir partir à Roscoff sans emmener Croquette, la précédemment-citée-mère n'aimant pas, mais alors pas du tout les chats.
Camille est donc parti vendredi après son travail en direction de la gare Montparnasse. Quatre heures plus tard il était dans les bras de sa mère, déjà agacé par son hyperémotivité, celle-là même qui fera couler, le jour de son départ, d'inconsolables larmes le long de ses belles joues rebondies de trop bonne mère. Prenant sur lui, il décida de ne pas faire demi-tour sur le champ et suivit ses deux parents dans la Golf familiale. A n'en pas douter son père était aussi ému, mais sa pudeur habituelle l'empêchait d'utiliser trop de mots tendres - que de toute façon son épouse ne manquait pas de prononcer pour trois.
Camille regrettait déjà Croquette et sa tranquillité...

27 mai 2005

Friendship station
"The clock keeps ticking inside my head
Bad news is all I ever get "

2 décès en 1 journée
(dont 1 meurtre)
2 quoi aider le chaos à se sentir à l'aise quand il est
2 retour dans sa tête

26 mai 2005

On My Hotel TV
Des matins où, sans envie de se lever, il tire la couette, empêchant le soleil d'avoir raison de ses derniers instants de paresse. Derniers instants de repis, avant une journée qu'il sait déjà inutile, comme tant d'autres avant elle. Il s'étire, chaque muscle endolori par une nuit chaude et agitée qu'il passa seul, comme d'habitude. D'un bond imprécis mais gracieux, Croquette vient chercher son visage, le caressant de ses moustaches. Camille sait que depuis l'arrivée de Croquette dans le luxueux appartement de vingt-sept mètres carré, il n'a plus le choix : 7h45 sonne le glas. Le ventre a faim. Résigné, il sort de sa couette et balance le chaton par terre. Croquette file vers la cuisine pendant que Camille allume son lecteur. Charlie Big Potato démarre. La journée avec. Vingt-deux degrés dehors, un ciel bleu. Et son avenir sonne déjà creux, autant que son estomac et celui de Croquette réunis.

Approximativement habillé, il claque la porte, les écouteurs sur les oreilles, allant vers son destin de secrétaire. Il arrive en retard de quelques minutes, "sinon c'est pas drôle" qu'il dit. A peine son postérieur posé que la sonnerie du téléphone retentit, orchestrant le ballet des messages à prendre, des boulets à bloquer, des pontes à flatter. Il organise l'emploi du temps de ceux qu'il aime à appeller les suradaptés sociaux: des connards malsains, langues de vipère dont le venin n'atteint que les sous-couches de l'entreprises. "Les petits salaires, tu vois". Camille n'en pouvait plus. C'est décidé, dans un mois il n'est plus là, quitte à servir des alcooliques dans un bar miteux du fin fond du 20e arrondissement.

A suivre.